12-13 JUIN • WEEK END PALMARÈS

12-13 JUIN • WEEK END PALMARÈS

SAMEDI 12 & DIMANCHE 13 JUIN
SALLE BORIS VIAN • MAISON DE LA CULTURE DE CLERMONT-FERRAND • ENTRÉE RUE ABBÉ DE L’ÉPÉE

ENTRÉE LIBRE, SANS RÉSERVATION

SAMEDI 12 JUIN

Séance de 14h

ALHAN WA SAHLAN

LUCAS VERNIER • 2020 • FRANCE • 94 MIN
PRIX DE LA DIVERSITÉ  & PRIX DU PUBLIC
En présence du réalisateur

Un voyage qui touche à plusieurs époques et qui nous livre une Syrie que nous ne connaissons plus.

Le réalisateur part en 2009, avant la guerre actuelle, sur les traces de son grand-père qui fut méhariste et collectionneur de photos au temps du mandat français en Syrie. Qui se souvient encore de notre présence coloniale dans ce pays ?

Lucas Vernier retrouve des familles qui ont connu son grand-père. Les rencontres sont très chaleureuses sous les tentes bédouines, dans le désert de Palmyre. Les récits du passé sont encore très habités par les anciens – émus, et la jeune génération est curieuse de cette transmission. C’est aussi leur histoire. Le cadre est plutôt prospère et l’atmosphère détendue.

Puis c’est 2011, la révolution suivie d’une féroce répression. Le réalisateur recherche des familles, en retrouve certaines en Jordanie, en Turquie, exilées. L’accueil est cependant toujours bienveillant. Devant les ruines d’un pays, l’on en vient parfois à oublier qu’il y eut une vie, des bonheurs et des visages sereins.

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Séance de 17h

CELLE QUI MANQUE

RARES IENASOAIE • 2020 • FRANCE • 87 MIN
PRIX REGARD SOCIAL
En présence du réalisateur et du producteur

Pendant six ans, le réalisateur a choisi d’oublier qu’il avait une grande sœur, par peur ou par impuissance. C’était plus facile de « faire semblant de ne pas souffrir ». Il ne voulait plus la regarder se détruire. Alors, lorsqu’il la retrouve, il la filme au plus près, pour comprendre. Piercings dans les oreilles et sur le menton, crâne semi rasé entouré de tresses bleues, yeux cerclés de khôl, Ioana mène une vie à la marge entre petits vols, mendicité, bricolages et injections de drogue. 

Lentement, la relation fraternelle se renoue dans l’étroitesse et le capharnaüm du camion où elle vit avec son chien. Tout en faisant pénétrer l’aiguille dans ses veines, elle se livre sur le poids de leurs origines roumaines, la vie qu’elle s’est choisie, ses complexes, sa toxicomanie. Sans jugement, le petit frère écoute. Ioana envisage-t-elle d’autres rencontres ?

Séance de 20h

COME IL BIANCO

ALESSANDRA CELESIA • 2020 • FRANCE • 19 MIN
PRIX DE LA CRÉATION

Chaque jour, Adriana peint des volcans. Sa promenade la conduit au bord de la gueule du Vésuve. Elle s’assoit, son carnet sur les genoux, écrit et trace des esquisses.

Au milieu des vapeurs et fumées mystérieuses, elle est en quête d’une voix chère, perdue, d’un dialogue rompu par la disparition. Le volcan souffle, comme une voix proche et chaude, comme le chant évanoui d’Aurélie.

Tout parle d’elle : ainsi Adriana voit le blanc de sa robe dans le blanc des tableaux, ceux de Corot, Dürer, Savinio, Gauguin.

Une évocation poétique, servie par des images délicates, entre ombres et lumières.

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MOSHTA

TALHEH DARYANAVARD • 2019 • BELGIQUE • 59 MIN
PRIX « HORS FRONTIÈRE »

Sur l’île de Queshm, au sud de l’Iran, la pêche reste traditionnelle, avec le « moshta ». C’est un « piège », simple carré de grillage tendu par des pieux.

Quelques arbustes broutent le désert pâle, la route rectiligne file vers la mer, le motocycliste et son fils trient des poissons, assis à même le sol. Cela ne suffira pas à nourrir la famille. Les chalutiers coréens et chinois vident les eaux poissonneuses. Et les rares pêcheurs qui s’obstinent travaillent aussi au port, à la construction des bateaux. Le chômage gagne. Il faut penser aux Emirats. Ou au tourisme. Car le lieu est si beau : une mer bleu-vert, des maisonnettes en bois, des falaises lisses. Mais la côte se peuple de ferrailles et de béton, les bacs déversent une multitude de voitures et la nuit perd son calme.

Des hommes ont encore l’énergie et la foi pour entretenir leur « moshta » et croire en des jours meilleurs.

DIMANCHE 13 JUIN

Séance de 11h

ASWANG

ALIX AYN ARUMPAC • 2019 • PHILIPPINES /FRANCE • 84 MIN
PRIX DU PREMIER FILM PROFESSIONNEL & MENTION SPÉCIALE DU JURY ÉTUDIANT
En présence du producteur français

A Manille, les nuits sont assassines, en particulier pour les pauvres. Dès son arrivée au pouvoir le président Duterte a déclaré la guerre aux drogués et petits malfrats. Depuis 2016, il y a eu 20 000 tués, hommes, femmes et enfants.

Dans les rues sombres et étroites, le même scénario se répète : on dresse un « périmètre de sécurité », on enlève les corps. Les voisins nettoient le sol. Vite fait. Pas de traces. Les familles pleurent ou crient leur colère, les manifestations déploient leurs banderoles réclamant justice. Mais nuit après nuit, le vieil Eusebio fait le service funéraire au volant de son fourgon.

Le réalisateur parcourt sa ville natale, questionne, soutient. Sa rencontre avec un petit garçon débrouillard et affectueux éclaire le récit : l’énergie et le désir de vie ne sont pas détruits. Finalement, il met à jour une « belle » histoire d’enlèvement par des policiers contre rançon. La Commission des Droits de l’Homme est alertée. Résultat ?…

D’après la légende, Aswang, la créature nocturne, rôde toujours et dit « Ayez peur ».

Séance de 15h

NO CRYING AT THE DINNER TABLE

CAROL NGUYEN • 2019 • QUÉBEC • 16 MIN
PRIX DES FORMATIONS AUDIOVISUELLES

Une femme, une jeune fille et un homme, l’air soucieux, sont filmés comme à la dérobée, dans leur appartement, puis assis, face caméra, autour d’une table vide. C’est la famille proche de la réalisatrice.

De gros plans sur les visages, un décor sobre, des propos retenus nous introduisent dans l’intimité de ces personnes : elles ont été éduquées dans une civilisation où les marques d’affection, les états d’âme n’ont pas de place ; mais au contact d’un autre art de vivre et à la demande de la cinéaste, chacune va révéler avec simplicité des sentiments tus depuis longtemps… L’émotion est intense.

A la fin de la projection, des sourires, des gestes de tendresse remplacent les larmes…

LE BELLES DAMES

MARION LIPPMANN & SÉBASTIEN DAGUERRESSAR • 2020 • FRANCE • 63 MIN
MENTION SPÉCIALE DU JURY

 

Foyer-logement de luxe, ce bel immeuble parisien n’accueille que des femmes.

Malgré leur grand âge, ces dames toujours élégamment habillées, coiffées, maquillées continuent à jouer au bridge, à écouter des concerts de musique classique ou des conférences sur des femmes célèbres. A l’atelier mémoire, elles déclament des strophes entières de poèmes connus. Les belles dames se reçoivent parfois et boivent du bon vin.

Elles se sentent heureuses car libérées des petits tracas quotidiens, des « mesquineries amoureuses ».

Devant des photos de leur jeunesse, elles évoquent sans amertume leur vie d’adolescente et de jeune épouse de l’époque, mais s’enthousiasment en pensant à la condition des femmes d’aujourd’hui : elles choisissent leur destin et tendent à devenir l’égale de l’homme.

Et puis un jour, l’institution décide de s’ouvrir aux hommes : débarque alors un monsieur à l’air un peu rigide.

Séance de 18h

407 JOU

ÉLÉONORE COYETTE • 2020 • HAÏTI • 7 MIN
PRIX UCA DES ÉTUDIANTS
En présence de la réalisatrice

La vie de Lintho se confond avec celle de ses marionnettes. Pantin d’une histoire qu’il n’a pas écrite mais dont il fut le jouet, il fait se mouvoir ses personnages de bois pour conter avec grâce l’inhumanité des geôles haïtiennes.

KOUNACHIR

VLADIMIR KOZLOV • 2019 • FRANCE • 71 MIN
GRAND PRIX TRACES DE VIES 
En présence du réalisateur

Kounachir est une île de l’archipel des Kouriles, possession japonaise annexée par l’URSS en 1945.

Les Nippons furent chassés avec interdiction d’emporter quoi que ce soit, leurs biens détruits, leurs vaches tuées. Les tombes de leurs morts furent envoyées au fond du lac.

Aujourd’hui, l’île est surtout recouverte de terrains vagues, de décharges. Peu d’activités. Les salles d’eau et les toilettes des maisons neuves construites pour les Soviétiques ont attendu quarante ans les canalisations nécessaires à leur fonctionnement.

Certains souhaitent le retour des Japonais : la pêche était florissante, les fermes riches, les plages propres, les maisons plus nombreuses.

D’autres, au contraire, cultivent le souvenir de la capitulation nipponne en allant dans les écoles expliquer le fonctionnement des armes d’époque, ou montrer des reconstitutions du débarquement de leurs anciens.