PALMARÈS 2019

JURY 1

Anna GLOGOWSKI  Programmatrice de festival
Nicolas LE GAC  Programmateur de festival
Anna-Célia KANDALL-YATZKAN  Réalisatrice SCAM

GRAND PRIX TRACES DE VIES

Prix du Conseil Départemental du Puy-de-Dôme • 3 000 €

CHEZ JOLIE COIFFURE • ROSINE MBAKAM

Parce qu’elle relève le défi formel du huis clos avec poigne et finesse.
Et nous offre un partage sans réserve d’histoires d’exil et de solidarités.
Parce qu’elle parvient à faire d’un espace confiné une caisse de résonance ou se mélangent la rumeur du monde et les récits intimes.
Parce qu’elle offre un écrin à son personnage, Sabine, à la vitalité contagieuse, qui tresse avec le même talent les cheveux et les relations humaines.
Notre jury attribue le Grand prix Traces de Vies à Rosine Mbakam pour son film Chez jolie coiffure.

PRIX « HORS FRONTIÈRES »

Prix du Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes • 2 000 €

RADIO CONGO • PHILIPPE AYME

Parce qu’il nous introduit dans un microcosme où la parole circule.
Parce qu’il valorise un projet  citoyen et qu’il fait la part belle à l’action des femmes.
Parce qu’il nous parle de la force du collectif et de l’auto-détermination.
Pour la dimension cinématographique de son documentaire.
Notre jury décerne le prix Hors-frontières à Philippe Ayme pour son film Radio Congo.

PRIX DE LA CRÉATION

Prix de la Ville de Clermont-Ferrand • 1 500 €

BÈGUE • OLIVIER DUVAL

Parce que le réalisateur pousse les frontières du documentaire.
Parce qu’il assume son handicap par le biais d’une mise en scène innovante et jubilatoire.
Notre jury décerne le prix de la création à Olivier Duval pour son film Bègue dont il tient le rôle titre.

MENTION SPÉCIALE
HOME GAMES • ALISA KOVALENKO

Parce que le regard est celui de l’empathie, voire de la complicité.
Parce que la caméra est au bon endroit et la réalisatrice toujours à la bonne distance.
Parce que le film parvient à faire surgir la tendresse et la vie au-delà du drame.
Notre jury attribue une mention spéciale au film Home Games de Alisa Kovalenko.

JURY 2

Laura TANGRE  Photographe et réalisatrice
Emmanuel COQUELOU  Documentariste et metteur en scène
Michaël LE SAUX
 • Directeur de l’association « Les Écrans »

PRIX DU PREMIER FILM PROFESSIONNEL

Prix de la Ville de Vic-le-Comte • 1 500 €

UNE NOUVELLE ÈRE • BORIS SVARTZMAN

Nous décernons le Prix du Premier film professionnel à Une nouvelle ère de Boris Svartzman qui, par son regard sensible sur les habitants du village de Ghanzhou, et par son attachement aux personnes rencontrées, leur donne la possibilité de conter leurs luttes.

Ce film valorise les traditions paysannes de ces populations chinoises sommées de renoncer à leur terre, à leurs habitations, à leurs racines afin de laisser place à une ville prétendument « écologique ». Dans cette province de Canton quelques maisons en ruines se dressent encore face au rouleau compresseur de l’urbanisation, peut-être ont-elles aujourd’hui disparu. Les très belles images de Boris Svartzman sont une trace forte d’une culture qui disparaît. Pendant une dizaine d’années il a documenté avec rigueur le combat sans violence de ces exproprié.e.s ; rendant ainsi visible cette lutte citoyenne face au pouvoir chinois.

PRIX DES FORMATIONS AUDIOVISUELLES

Prix MAIF • 800 €

DISCIPLINAIRES • ANTOINE BARGAIN

Dans la catégorie Premier geste documentaire, c’est la cinglante vérité exhumée de l’île de Beauté qui a retenu, ou plutôt frappé notre attention.

A la limite de l’insoutenable, le film est dur, mais pas tant que les traitements infligés aux hommes qui sont passés par le camp disciplinaire de Corte. Les premières images affichent de manière remarquable la lourdeur du récit à venir. Le texte, extrait de la mémoire d’un pensionnaire, nous plonge dans l’univers glaçant qu’un jeune de moins de 20 ans a dû affronter, au seul motif d’avoir refusé de se battre pour son pays. Sans représentation humaine sur la majeure partie du film, la réalisation reflète justement le caractère inhumain de cette situation. Et cela se passe au pays des droits de l’homme, il n’y a pas 50 ans. Pour le devoir de mémoire autant que pour la forme du film, nous nommons, pour le prix des formations audiovisuelles : Disciplinaires, d’Antoine Bargain.

MENTION SPÉCIALE
INTÉRIEUR-EXTÉRIEUR • CHARLOTTE BALLET-BAZ & ALICE BOCCARA-LEFÈVRE

Nous avons souhaité distinguer le film Intérieur-Extérieur de Charlotte Ballet-Baz et Alice Boccara-Lefèvre, pour le portrait singulier qu’elles ont livré. L’écriture est au centre de la relation de Catherine avec des personnes incarcérées. Face à son appartement, la Maison d’arrêt de la Santé est impénétrable et, par ses lettres, ses mots atteignent des personnes qui n’ont aucun autre moyen de communiquer avec l’extérieur. On en apprend peu sur Catherine et c’est cette distance que les réalisatrices ont installé qui nous a touché, attirant notre attention vers un geste, un seul. Ce premier film, réalisé à l’ ENS à Paris, augure de belles propositions à venir.

JURY 3

Yoann DEMOZ • Réalisateur
Magalie DÉRAND
• Éducatrice spécialisée
Célia PENNEC
• Éducatrice spécialisée

PRIX REGARD SOCIAL

Prix de l’ANEF 63 • 1 500 €

CINQ FEMMES • SANDRINE LANNO

Le film Cinq femmes de Sandrine Lanno nous propose des paroles rares, celles de 5 femmes incarcérées. A travers sa caméra, la réalisatrice sublime le portrait de ces femmes avec justesse, poésie et émotion. Elles posent ensemble la question de l’identité au sein d’un lieu dénaturé et laissent entrevoir l’espoir dans un tout petit espace.

MENTION SPÉCIALE REGARD SOCIAL
LES HEURES HEUREUSES • MARTINE DEYRES

Pour l’immense travail de recherche et le message que le film transmet. Ce documentaire d’archive relate l’histoire de l’hôpital de Saint Alban. Il aborde la dimension de la psychiatrie, domaine dans lequel il semblerait que nous reculions paradoxalement à une société en constante évolution. La réalisatrice met en exergue la place évidente et indispensable du lien affectif et de l’art dans un dispositif de soin.

PRIX DE LA DIVERSITÉ

Prix du CGET • 2 000 €

DANN ZARDIN PÉPÉ • MATHIEU TAVERNIER

A travers un film à la fois poétique et fort, le cinéaste Mathieu Tavernier nous propose de plonger dans la vie d’une famille réunionnaise qui se bat pour garder la terre qu’elle occupe depuis des générations. Ce combat est une lutte contre un système qui impose la normalisation tout en détruisant des coutumes et des souvenirs.

JURY ÉTUDIANT

Malou BIAUDET • Étudiante en Master Direction de projets et établissement culturels
Alexandre BERTHON • Étudiant en Licence Art du spectacle
Héloïse TOUZET • Étudiante en Master Recherche en Philosophie

PRIX UCA DES ÉTUDIANTS

Prix Université Blaise-Pascal • 1 000 €

GRETA GRATOS • SÉVERINE BARDE

Nous tenons à saluer les qualités artistiques du documentaire de Séverine Barde, et en particulier son caractère complet. Musique, film d’animation, théâtre, dessin, couture, textes poétiques… La réalisatrice a su mettre à profit la pluralité des champs artistiques maîtrisés par Pierandré Boo lui-même et son personnage Greta Gratos. Séverine Barde se montre généreuse dans le sens où elle laisse à son sujet sa part d’expressivité et la sublime. Greta participe à la réalisation du documentaire et bouleverse le genre.
Un documentaire qui nous interroge ; qu’en est-il de la réception d’une entité transgenre, particulièrement dans les milieux scolaires ? Comment des identités multiples cohabitent en un seul personnage ? Greta Gratos n’est-elle qu’un personnage de fiction, « une entité féminine » ou simplement un être déconstruit et qui s’épanouie par cette déconstruction ?
Séverine Barde nous entraîne, à la découverte de ce personnage qui se transforme, et se révèle à travers son engagement, ses représentations. L’ambiance particulière propre aux milieux alternatifs qui nous sont présentés est soutenue par un soin particulier apporté à la lumière.
Merci pour cette expérience Séverine Barde.

MENTION SPÉCIALE
BAINS PUBLICS • KITA BAUCHET

Nous tenons à attribuer une mention à Bains Publics, pour nous avoir fait découvrir ce lieu étrange où toutes sortes de réalités se confondent. Nous avons été sensibles à l’esthétique de ce documentaire avec ses nombreux plans symétriques ainsi qu’au travail du montage très rigoureux. Le documentaire par son écriture, nous révèle progressivement un microcosme en marge et à la fois au sein de la société bruxelloise, à travers l’expérience de personnes touchantes. Merci pour la diversité des scènes présentées, qui nous dévoilent la richesse de ce lieu unique.