PALMARÈS 2018

PALMARÈS 2018

JURY 1

• Amalia ESCRIVA, réalisatrice SCAM
• Christian LELONG, réalisateur et producteur
• Chantal STEINBERG, directrice de l’école documentaire de Lussas

L’OMBRE DES ANCÊTRES
Max HUREAU

France • 2018 • 85′ 
Les films de l’œil sauvage, La Société des Apaches

GRAND PRIX TRACES DE VIES
Doté par le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme
3 000 €

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Nous récompensons ici un réalisateur porté par un cinéma primitif. Ce film, qu’il est parti tourner seul aux confins de l’Europe nous révèle, par des plans  magistraux, la part sombre de notre Histoire. Elle remonte à la surface de la terre, des visages, des chants. Le passé terrifiant des Pogroms surgit dans les yeux rieurs des vieilles conteuses et dans le corps des chevaux contraints à charrier au-delà de leur force les arbres abattus. Sans naïveté mais sans moralisme, il nous donne accès à une parole  possédée par les démons passés.

LES JOURS MAUDITS
Artem LURCHENCKO

France, Ukraine • 2018 • 72’
Survivance, De Films en Aiguille, Vià Vosges

PRIX « HORS FRONTIÈRE »
Doté par le Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes
2 000 €

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« Pourquoi ne sortez-vous pas sur le Maïdan ? » demande Artem, le réalisateur, au graveur Vladimir, son ancien maître d’atelier. « Le combat de l’artiste ne se livre pas avec le monde, mais avec lui-même. » Lui répond-il. Pour ce premier film le jeune réalisateur dessine avec délicatesse et talent le
huis clos de l’atelier et le travail minutieux de l’artiste. Dehors, la furie gronde, dans l’atelier les lignes du Maïdan s’ordonnent au son feutré de la cafetière qui bout et du grattement du stylet. Avec une attention généreuse, Artem réussit à nous immerger dans la temporalité de l’artiste et à nous
donner accès à son combat silencieux, obstiné.

MITRA
Jorge LEÓN

Belgique, France • 2018 • 90’
Films de Force Majeure, Magellan Films, Thank You & Good Night Productions, Present Perfect, Sophimages, CBA, Lyon Capitale TV, RTBF

PRIX DE LA CRÉATION
Doté par la Ville de Clermont-Ferrand
1 500 €

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Jorge Leon offre un film de composition, parfaitement orchestré autour de ce qui, par définition, nous échappe. A partir du récit initial d’une psychanalyste iranienne internée de force, Mitra conjugue autour d’un opéra contemporain en construction, plusieurs champs artistiques, plusieurs modes de narration, plusieurs niveaux de réalité. Ce film très élaboré nous donne un accès rare à la souffrance brut et inconsolable de la folie.

JURY 2

• Elise ASPORD, chercheuse en cinéma sur Radio Campus
• Nina MORO, coordinatrice du Film Ethnographique de Grenoble
• Sarah MEUNIER, directrice artistique des Contre-plongées à Clermont-Ferrand

LA RONDE
Blaise PERRIN

France • 2018 • 52’
TS Productions, Folle Allure

PRIX DU PREMIER FILM PROFESSIONNEL
Doté par la Ville de Vic-le-Comte
1 500 €

Logo Vic le Comte

Action. Japon. Mouvement de caméra à rebours sur un chemin côtier et ses falaises à pic. La Ronde de Blaise Perrin reçoit le prix du Premier Film Professionnel. La caméra accompagne un corps en mouvement, celui d’un homme qui se donne pour mission quotidienne de trouver, avant l’acte irréparable, des âmes suicidaires. Le choix du jury c’est le choix d’un ensemble (le personnage, son récit, la lenteur, la caméra, les couleurs, le force de son propos et de son action en apparence sibylline…). L’ensemble est servi par une esthétique particulière. Ce regard sur la nature, cette forme de contemplation/déambulation et d’économie de moyen dans l’expression, nous a à la fois séduits et déroutés. 1000 pas, 1000 secondes. Ce monsieur ordinaire dans son allure, extraordinaire dans sa démarche a sauvé à ce jour en 13 ans plus de 530  personnes. Ce prix est certes un prix pour un premier film mais c’est aussi bien au-delà un prix pour cet homme, ce Grand Ordinaire.

LOS COME SOMBRAS
Chloé BELLOC

France • 2017 • 18′
Diopside Production

MENTION SPÉCIALE

 

Nous avons choisi d’attribuer une mention spéciale à Los come sombras de Chloé Belloc. Son film tisse, avec une singularité plastique maîtrisée, un lien entre espace créatif et espace de crise, entre l’art – ici la danse –  et la société. Les corps dansent, tournoient, manquent de s’évanouir dans la brume de la ville, et dans celle, bien plus noire, de groupes paramilitaires. L’image prend toute sa puissance politique et poétique : pour repousser l’obscurantisme et les fantômes, avec la danse, avec le cinéma, il faut manger les ombres.

PROFESSION : CRÉATURE
Marie CORBERAND

France • 2018 • 26’
Ateliers Varan

PRIX DES FORMATIONS AUDIOVISUELLES
Doté par la MAIF
800 €

MAIF

Pour le prix des Formations Audiovisuelles, notre jury a choisi de récompenser Profession Créature, un film de Marie Corberand, qui porte un regard sensible sur des artistes de cabaret parisien. Dans ce milieu de la nuit, du spectacle, au milieu des robes à paillettes, des taffetas, des projecteurs et du maquillage, sont filmés avec justesse et pudeur des artistes de talent, qui ont trouvé leur place au monde dans cette salle de spectacle, et dans le rapport presque charnel à leur public. La sincérité de l’acte artistique, l’identité à travers l’excentricité, le travestissement, le lien  entre créateur et créature, sont des questions abordées loin de tout cliché. Les hommes se révèlent derrière les costumes, et cela nous a touchées.

te merau
Juliette GUIGNARD & Fanny CORCELLE

France • 2017 • 36’
De Films en Aiguille, Magnolias Films, TVM Est Parisien

PRIX DE LA DIVERSITÉ
Doté par le CGET
2 000 €

Ministère chargé de la ville et du logement
Préfet de la région Auvergne Rhône Alpes

Il est difficile au cinéma de trouver la bonne distance, de ne pas faire un film sur quelqu’un ou quelque chose mais avec. C’est pour sa justesse que nous avons choisi d’attribuer le prix de la Diversité à Te Merau (que je meure) de Juliette Guignard et Fanny Courcelle.
Les deux réalisatrices saisissent avec simplicité, douceur et respect la précarité, les doutes et les désirs d’une jeune femme Rom. C’est un portrait de femme, celui d’une jeunesse marginalisée, mais c’est aussi un film sur la résistance. Une résistance à petite échelle, qui se loge dans le rapport sensible d’une individue au collectif. Celle nécessaire – et surtout pour une femme – d’avoir le courage d’affirmer le droit et la possibilité de choisir sa vie

JURY 3

• Sylvain GARASSUS, réalisateur
• 
Luc BLANCHARD, administrateur ADSEA, metteur en scène
• Sébastien ISOLDA, directeur administratif et financier de l’ADSEA
• Laurence GARDY, éducatrice spécialisée

DANS LA TERRIGLE JUNGLE
Caroline CAPELLE & Ombline LEY

France • 2018 • 81’
Macalube Films

PRIX REGARD SOCIAL
Doté par l’ADSEA
1 000 €

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Il aura fallu une discussion passionnée pour que le jury décide d’attribuer  le prix du regard social au film Dans la terrible jungle de Caroline Capelle et Ombline Ley. Un film qui a séduit le jury par son humour, son rythme, son esthétique et un bel équilibre que l’on aime retrouver dans un documentaire de création. La grande réussite de ce film, c’est aussi le lien que l’équipe de tournage semble avoir créé avec les jeunes de l’IME « La Pépinière », tant il est présent et à la fois invisible. Cette immersion affective, comme une ode à la vie, nous a transporté et fera à coup sûr voyager son public qui, dans un sourire, changera peut-être la vision qu’il porte sur ces enfants et sur le monde.

JURY
ÉTUDIANT

• Clara MARION
• Emeline BOICHUT

• Elsa DUMORTIER

EXIL AU FAR WEST
Sophie FORTIER

Canada • 2017 • 60’
Périphéria Productions Inc

PRIX UCA DES ÉTUDIANTS
Doté par l’Université Clermont Auvergne 
500 €

Logo Université d'Auvergne

Bienvenue au Far-West. Pas un Far-West de cow-boys, de western et de grands troupeaux, non. Un Far-West froid, où les caribous ont disparu et où les chauffeurs de taxi roulent chaque jour, d’une maison à l’autre, pour accompagner les habitants d’Iqaluit, Canada, dans leurs sorties quotidiennes. Il fait parfois -60°, le décor est post-apocalyptique, et la caméra s’intègre, avec pudeur et délicatesse, à la routine de ces conducteurs. Elle les dévoile, les montre avec toutes leurs failles, leurs forces et leurs récits de vie. Exil au Far-West est un film humain, qui allie une construction cohérente, fluide et personnelle à une esthétique naturelle et une efficacité de montage certaine. Sophie Fortier s’immerge dans la ville close et fait émerger des paroles que seule une relation de confiance peut dévoiler. Naturellement, la parole se libère, les passés douloureux refont surface et la nostalgie se réveille. La caméra part à la rencontre des reclus, de ceux qui sont partis par nécessité ou en guise de pénitence, vivre leur vie dans le grand Nord. Elle met en lumière les hommes de l’ombre, qui partagent les instants de vie de toute la population, connaissent les habitudes et vies de chacun et passent inaperçus aux yeux du plus grand nombre. Esthétique, technique et thématique s’accordent dans une partition juste et harmonieuse. Cet exil au Far-West est un voyage cinématographique réfléchi, naturel, structuré, et, de ce fait, un véritable coup de cœur pour l’ensemble du jury.