PALMARÈS 2021

Palmarès 2021

JURY 1

• Pierre Carles, réalisateur
• Rémi Gendarme-Cerquetti, réalisateur
• Jean-Michel Rodrigo, réalisateur – journaliste

Nous sommes venus
José Vieira

2021 – 76′ – Prima Luce

GRAND PRIX TRACES DE VIES
Doté par le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme
3 000 €

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« Tout d’abord, je veux remercier tous ceux qui font exister Traces de vies. Nous avons besoin de lieux de résistance pour combattre ce fond de l’air pollué par la haine.  Nous avons besoin de lieux en commun pour parler de la nécessaire hospitalité et ce droit tous les jours bafoué : le droit de chercher une vie meilleure.

Merci à tous pour vos encouragements. »

José Vieira crée, par ce film, un espace qui n’existe pas, celui de la rencontre et de l’échange entre les exilés d’hier et ceux d’aujourd’hui.
« Nous sommes venus et je ne me souviens pas d’être arrivé ». Le cinéaste avait alors sept ans.
Croisement des trajectoires, des photos, des textes et d’un récit. Le réalisateur n’a cessé de filmer le traumatisme de l’exil mais cette fois-ci, il parle d’aujourd’hui. C’est sous la forme d’une lettre adressée à sa fille, texte personnel et plutôt poétique, qu’il relie la mosaïque des images.

La disparition
Jonathan millet

2020 – 56’- Dublin Films / Macarena + Colombie / Imaginaria Films

PRIX « HORS FRONTIÈRE »
Doté par le Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes
2 000 €

Logo Région Auvergne Rhones Alpes

« Dans mon rêve, nous marchions ensemble à travers la jungle », dit Amadeo penché sur un petit monticule de terre qu’il rassemble soigneusement. Mais qui est là ?
Nous marchons paisiblement, avec lui, à travers cette forêt amazonienne au nord du Pérou. Amoureux de cette jungle et aussi de sa culture dont il est devenu l’unique représentant, il parle aux arbres, aux animaux et à ce frère disparu dont il entretient la tombe. Il demeure le seul locuteur de la langue tanshiro, aujourd’hui.
Néanmoins, il garde quelques contacts avec la vie sociale la plus proche.
La disparition de son frère devient la métaphore de la disparition de ce milieu.

Merci les enfants
Philippe costantini

2021 – 60′ – Label Vidéo

MENTION SPÉCIALE

 

La petite bande d’élèves est bruyante, elle rassemble des enfants de plusieurs âges. Tous chantent « Frères Jacques » en défilant au pas devant l’école.
Celle-ci est située au pied des falaises du pays Dogon au Mali. Falaises rendues célèbres par l’ethno-cinéaste Jean Rouch qui les a étudiées, filmées, pendant de nombreuses années.
Philippe Costantini a été compagnon cinéaste de l’ethnologue. Il découvre cette petite école avec lui et la filme en 2006-2007.
Amadou Témé, l’instituteur, prône la parité dans sa classe : les filles balaient mais les garçons aussi. Sa maman apportait des coqs à tuer au féticheur pour que son fils soit renvoyé de l’école. Il s’accrochait d’autant plus. Aujourd’hui, il s’acharne à transmettre ce qu’il a appris.
Il s’applique, les enfants aussi, parfois maladroitement, mais le film en devient tendrement souriant.
Le dernier tournage, plus récent, sera annulé dans ce Mali perturbé…

Rift finfinnee
Daniel Kötter

2020 – 79’ – Blinkerfilm Filmproduktion GMBH / Daniel Kötter

PRIX DE LA CRÉATION
Doté par la Ville de Clermont-Ferrand
1 500 €

Logo Clermont-Ferrand

Addis-Abeba en Éthiopie se dit en oromo Rift Finfinnee.
Une faille géologique bien connue mais aussi le symbole de celle qui est en train de séparer la société en deux.
Le voyage filmique aux abords de la capitale prend son temps. Un chemin caillouteux dans les terres ocre nous mène peu à peu vers quelques maisons en torchis puis vers des cultures de céréales. Au bout du champ, des barres d’immeubles et des villas « hollywoodiennes ».
Les deux mondes se touchent. Mais l’un dévore l’autre.
Les mornes constructions à étages accueillent les paysans chassés de leur terre. Les dents des engins attaquent les belles collines sous le regard de deux ou trois vaches. Sur les quatre voies, roulent camions-citernes et carrioles à cheval. Images de splendeur d’un pays aimé : nuit trouée de lumières, blés moissonnés, montagnes bleues.
Mais, toujours, des propos hors champ qui disent l’injustice et la violence des politiques successives.

JURY 2

• Claire Juge, réalisatrice
• Nicolas Leblanc, photographe documentaire
• Maud Champagneur, coordinatrice des Toiles du Doc

The silhouettes (les silhouettes)
Asfaneh Salari

2020 – 80’ – Cinema is complete / Docmaniacs Collective

PRIX DU PREMIER FILM PROFESSIONNEL
Doté par la Ville de Vic-le-Comte
1 500 €

Logo Vic le Comte

Ainsi se voient-ils, et sont-ils vus, les Afghans exilés en Iran : des silhouettes.
Une belle photo de famille nous introduit dans le film : quinze personnes, trois générations. Le fils cadet, Toghi, étudiant, assure la narration : « Il y a 33 ans aujourd’hui, papa et maman arrivaient en Iran. » Un père satisfait d’être dans un pays avec lequel il partage la même langue, la même religion. Une mère toujours souriante, s’affairant dans une cuisine minuscule. Des frères et sœurs, des petits enfants joyeux.
La vie quotidienne se déroule tranquillement, à la maison dans un intérieur de tapis et de coussins, ou à l’atelier de confection du père. Mais la petite de huit ans est moquée à l’école, le chauffeur de bus refuse de prendre des Afghans « pouilleux », les étudiants diplômés restent sans travail…
Alors, le jeune Toghi, thèse en poche, veut partir, vivre dans son pays et « être utile » là-bas.

chronique de la terre volée
Marie Dault

2021 – 91’ – Pays des miroirs / Tell me films

MENTION SPÉCIALE

« Je remercie vivement le jury d’avoir attribué au film cette mention spéciale et le Festival Traces de Vie de lui avoir donné l’occasion de rencontrer le public.

Je tiens aussi à remercier les producteurs d’avoir su accompagner le documentaire sur une longue durée et de s’être engagés à mes côtés, ainsi que toute l’équipe du film.

J’ai une pensée spéciale pour les monteuses qui ont trouvé dans la matière foisonnante du tournage les contours de cette histoire. Enfin je souhaite partager cette mention avec les habitants de Las Brisas de la Santa Cruz et tous les quartiers populaires de Caracas qui sont engagés dans la lutte pour la reconnaissance de leur histoire, de leur terre et de leur droit à appartenir à la ville. J’espère que leur combat saura inspirer notre désir de commun et de collectif. » 

A l’heure de l’industrialisation, poussés par la misère, des paysans sont venus envahir les collines qui entourent Caracas au Venezuela. Sur des images en noir et blanc, on voit ces premiers défricheurs construire, avec les moyens du bord, « leur baraque ». Grâce aux travaux des habitants, la vie s’est un peu améliorée : dans un imbroglio sans pareil de fils électriques, l’un sait exactement qui est le fil de qui, d’autres creusent des tranchées pour conduire l’eau.
Le Président Chavez en 2002 parle de « redistribution des terres urbaines ».
Deux énergiques jeunes femmes prennent en charge la constitution des dossiers nécessaires pour obtenir un titre de propriété. Elles se confrontent aux refus de fonctionnaires plus ou moins favorables « aux chavistes ». Elles veillent également à maintenir une cohabitation harmonieuse dans le « barrio », privilégiant l’autogestion à l’autorité, n’hésitant pas à rappeler à l’ordre ceux qui se sont bousculés et querellés lors du passage du camion d’un commerçant.
En haut de ces collines, on s’exalte, on perd le moral, on souffre de la faim, on chante.

Une place dans ce monde
Émilie beyssac cywinska

2021 – 34’ – Université Bordeaux montaigne
/ Émilie Beyssac Cywinska

PRIX DES FORMATIONS AUDIOVISUELLES
Doté par la MAIF
800 €

MAIF

« Merci !!  Merci au Jury de m’avoir accordé ce prix, j’en suis ravie ! Merci aux personnes qui me permettent de vivre ces émotions et de faire vivre le film : Merci aux enseignantes et enseignants du Master « Documentaire et Archives » à Bordeaux et à ses étudiantes et étudiants !
Merci à toutes les personnes qui m’ont entourées durant ces deux dernières années, merci à l’équipe du festival Traces de Vies pour la sélection et l’accueil chaleureux que j’ai reçu en début de semaine, et surtout, merci à mes grands-parents qui seront ravis d’apprendre cette nouvelle !! C’est une joie immense pour moi de savoir que le film a pu résonner chez certains d’entre vous .
J’aurai adoré être présente ce soir, je vous souhaite de vous amuser, d’être créatifs et de résister joyeusement ! » 

Bloquée chez ses grands-parents, en Pologne, à cause de la covid-19, la réalisatrice entreprend de filmer leur quotidien.
Le grand-père, souvent cadré devant ses étagères de livres, sort rarement de son bureau : il vit dans la nostalgie de Solidarnosc, « la chouette époque », et écrit… Son visage s’illumine quand sa petite-fille lui montre des archives retrouvées sur internet le suivant dans sa grève de la  faim.
Toujours joviale, la grand-mère ne cesse de s’activer.
Isolée, leur maison en bois présente un confort rudimentaire. Mais le mari voudrait et cherche la maison idéale : autonome. Il a besoin d’être « indépendant du système ».
Son épouse le sermonne gentiment sur sa conception égoïste de la liberté.

il rito (Le rite)
silvia perra

2020 – 29’ – Mommotty / Luches Film / Terra de Punt

MENTION SPÉCIALE

« Merci !!  Merci au Jury de m’avoir accordé ce prix, j’en suis ravie ! Merci aux personnes qui me permettent de vivre ces émotions et de faire vivre le film : Merci aux enseignantes et enseignants du Master « Documentaire et Archives » à Bordeaux et à ses étudiantes et étudiants !
Merci à toutes les personnes qui m’ont entourées durant ces deux dernières années, merci à l’équipe du festival Traces de Vies pour la sélection et l’accueil chaleureux que j’ai reçu en début de semaine, et surtout, merci à mes grands-parents qui seront ravis d’apprendre cette nouvelle !! C’est une joie immense pour moi de savoir que le film a pu résonner chez certains d’entre vous .
J’aurai adoré être présente ce soir, je vous souhaite de vous amuser, d’être créatifs et de résister joyeusement ! » 

A-t-on déjà vu des brebis refuser de brouter l’herbe bien
verte d’une belle prairie ? Vautrées les unes sur les autres
dans le coin du pré. D’autres choses encore dérangent la
vie de cette petite commune agro-pastorale de Sardaigne…
Antonio, ressource de tout le village, pratique des rituels
silencieux et traditionnels. On le sollicite presque sans
mot dire, il bénit même les pieds de vigne…
Le film nous rend observateurs discrets de ces pratiques,
dans cette belle campagne sauvage.

JURY 3

• Thomas Roussillon, réalisateur
• Madeleine Gominard, administratrice de la MSA Auvergne et de l’ARPFE
• Isabelle Nurit, responsable du service assistante éducative de l’ARPFE

IL PLEUT DES ANGES
caroline girard

2021 – 52’ – La Huit / La liseuse

PRIX REGARD SOCIAL
Doté par l’ARPFE
1 500 €

ARPFE

« Nous remettons le prix « Regard social » à « Il pleut des anges » de Caroline GIRARD, pour son art de nous avoir fait rencontrer ces êtres fragiles avec le désir profond de provoque la rencontre à tout prix, par les textes, les images et la poésie.
Avec le soin de les accompagner, par le jeu des mots, la discrétion de la caméra et la complicité de la comédienne.
Un regard qui choisit de ne pas infantiliser les patients. » 

Dans cet univers clos s’écoule un dire mystérieux. Ici on « déparle » tranquillement sans que quiconque vous impose de vous taire.
L’hôpital accueille ces patients dont on dit parfois qu’ils sont « perdus » ; ils ont quitté le monde de la raison ordinaire et logique.
Une femme vient ici les bras chargés de livres, illustrés ou autres. Elle leur offre des images, des histoires. La compréhension n’est pas requise, on écoute un peu, on baragouine, on tourne les pages avec une grande attention et un soin non feint.

C’est une parenthèse, dans ce monde de l’hôpital, ouverte et clairement tenue, grâce à l’écoute atypique de cette accompagnante.

Nous sommes venus
José Vieira

2021 – 76′ – Prima Luce

PRIX DE LA DIVERSITÉ
Doté par la DREETS
2 000 €

Préfet de la région Auvergne Rhône Alpes

« Dans le film « Nous sommes venus », je raconte que j’ai oublié mon voyage pour la France. Mais qu’importe : je n’ai pas oublié d’où je viens, pourquoi je suis là et pourquoi nous sommes venus.  Nos exodes, l’histoire que nous avons traversée, nous lient à ceux qui viennent, qui risquent leur vie pour changer la vie et qui sont si malvenus. Souvent je pense que nous vivons cet effondrement moral où l’étranger devient la cause de nos crises. Mais encore hier, j’ai entendu à la radio une belle histoire de gens solidaires avec des réfugiés. Merci à tous. »

José Vieira crée, par ce film, un espace qui n’existe pas, celui de la rencontre et de l’échange entre les exilés d’hier et ceux d’aujourd’hui.
« Nous sommes venus et je ne me souviens pas d’être arrivé ». Le cinéaste avait alors sept ans.
Croisement des trajectoires, des photos, des textes et d’un récit. Le réalisateur n’a cessé de filmer le traumatisme de l’exil mais cette fois-ci, il parle d’aujourd’hui. C’est sous la forme d’une lettre adressée à sa fille, texte personnel et plutôt poétique, qu’il relie la mosaïque des images.

JURY
ÉTUDIANT

• Clara Bidard de la Noé, étudiante en Master 2 Direction de projets et d’Établissements culturels
• Elysée Balie, 
étudiant Licence 2 Études Culturelles
• Thomas Seignez, étudiant en Licence 2 d’Histoire de l’Art et Archéologie

Les yeux carrés
Louison assié et Laure massiet du biest

2020 – 19’ – INSAS / SATIS

PRIX UCA DES ÉTUDIANTS
Doté par l’Université Clermont Auvergne 
1 000 €

Logo Université d'Auvergne

« Nous sommes très heureux d’apprendre que notre film, son sujet, et ses personnage aient pu vous toucher.

Nous aurions aimé être là cette semaine auprès de votre public jeune et moins jeune pour échanger autour de la surveillance, enjeu dont il est, d’autant plus aujourd’hui, nécessaire de s’emparer collectivement.
Nos libertés, aussi insignifiantes puissent elle sembler, sont des trésors à défendre, que ce soit dans la rue, sur Internet, en société comme dans le développement intime de nos personnalités.

Créons le carnaval autour de nous, brisons la norme et encourageons les singularités! Nous remercions Traces de Vie pour sa sélection et le jury des étudiants pour l’intérêt porté à ce film !
Louison et Laure »

« Souriez, vous êtes observés ! » A Marseille, les yeux numériques de la caméra sont partout : ronds, carrés, fixes, en haut d’un poteau ou en face des immeubles.
« Elle filme la rue, pas les habitations », assure la mairie.
Seule la chorégraphie urbaine normale est autorisée.
Marcher en arrière, danser, sauter, escalader, faire le poirier, tomber : comportements suspects et la caméra se déclenche. Un groupe de militants se prend au jeu de défier Big Brother.

Ugoku tokai – moving city
Lars ostmann

2021 – 95’ – Films University Babelsberg / Gerrit Gronau

MENTION SPÉCIALE

Un jeune Japonais impassible trace la voie de notre chemin de spectateur. Si son visage laisse peu percer ses sentiments, la voix off porte son propos, poétique et questionnant, sur les paysages de ville et de campagne qu’il traverse.
Sa déambulation nous guide, aussi bien dans les forêts de bambous qui bordent Tokyo, qu’au centre-ville même.
Dans la cité, son parcours choisit essentiellement les petites rues très végétalisées de quartiers anciens.
Sa voix interroge la disparition à venir de ces lieux où il fait bon vivre.
La déambulation est menée par un travelling avant, qui nous invite à suivre le promeneur. C’est « le chemin qui fait ressentir chaque pas ».
Un film de rêverie à la facture singulière.