Claire ATHERTON

CLAIRE ATHERTON • MONTEUSE

En 2016, Claire Atherton, est venu témoigner d’une carrière riche de plus de quatre-vingt-dix films documentaires ou de  fictions et de nombreuses installations.

Née aux États-Unis, elle fait des études de langue et de civilisation chinoises qui inspirent, dit-elle, toujours sa conception du montage. Après une formation à l’école Louis Lumière, dans sa jeune carrière, la rencontre avec la cinéaste Chantal Akerman oriente de façon décisive son parcours, puisqu’à partir de 1986, elle monte la plupart de ses films.

« Le fait d’inviter cette fois une monteuse et non une ou un cinéaste permettra de se situer à nouveau dans le processus de création mais à une autre place. Cette étape est l’heure du choix décisif, plus encore pour le cinéma documentaire où il s’agit souvent de « trouver le film » à la table du montage, particulièrement son récit et son rythme.

Claire ATHERTON est une importante figure du montage, avec une prédilection pour les formes documentaires – mais pas uniquement, comme en témoignent La folie Almayer, Un divan à New York, La Captive. Définir sa relation de travail avec Chantal AKERMAN comme une collaboration serait très réducteur  ;  il s’agit plutôt d’un compagnonnage, d’une discussion nourrie par une sensibilité commune. Débuté en 1986 avec Letters Home, ce dialogue artistique se déroule sur près de 30 ans, jusqu’au dernier film de Chantal AKERMAN, No Home Movie (2015), en passant par D’Est (1993), Sud (1999), De l’autre côté (2002) et Là-bas (2005).

La pensée du montage de Claire ATHERTON s’incarne dans un cinéma fonctionnant par des blocs aux durées étirées; l’acte de monter s’y matérialise certes avec la coupe mais aussi dans la recherche rythmique et musicale interne aux plans. Claire ATHERTON est ainsi souvent associée à des films qui se déroulent à partir de longs plans (Avenue Rivadavia de Christine SEGHEZZI,  Si j’existe,  je ne suis pas un autre de Marie-Violaine BRINCARD et Olivier DURY).

On rencontre aussi des cinéastes travaillant avec une forte singularité (Noëlle PUJOL et Andreas BOLM ; la saga Mafrouza d’Emmanuelle DEMORIS), parfois associés aux formes expérimentales (Au monde de Christophe BISSON). Mais on perçoit avant tout des liens de fidélité avec les cinéastes, par exemple avec Luc DECASTER, qui se situe quant à lui moins du côté de la forme que de l’engagement politique (Qui a tué Ali Ziri ? en 2015). L’art contemporain est un autre territoire d’intervention de Claire ATHERTON, et si le montage y reste une affaire de temps, elle a pu se confronter à des problématiques spatiales dans le cadre d’installations de Chantal AKERMAN,  comme par exemple Woman sitting after killer à la Biennale de Venise en 2001. » 
– Arnaud HÉE.