Le festival Traces de Vies est né en 1991 de l’initiative d’un centre de formation au travail social et éducatif, en Auvergne, l’UFTS. Cette école était alors très attachée aux valeurs de l’éducation populaire et aux références structuralistes dans ses enseignements de philosophie, de psychanalyse et de sciences humaines et sociales. C’est assez facilement que cette école adopta alors un projet de festival de cinéma documentaire, référé à ce moment-là au festival Cinéma du Réel, inspiré par l’éthnocinéaste Jean Rouch. La définition première en fut du coup anthropologique : un festival visant à rassembler des documentaires sur des faits humains et des faits de société. Écartant d’emblée l’idée d’un public averti ou sur les questions sociales, la volonté fut d’adresser à un très large public cette découverte du cinéma documentaire.

La manifestation s’est construite grâce à ce lieu de formation et avec l’appui crucial d’un groupe de bénévoles, passionnés du documentaire, issus des champs de l’image, de la culture et de l’enseignement. En 2010 ce groupe deviendra l’association des Amis de Traces de Vies (ATDV). Précédemment, en 2006, l’école fondatrice du festival a intégré un Institut auvergnat de formation, l’ITSRA (Institut du Travail Social de la Région Auvergne). Celui-ci a repris volontiers cette manifestation porteuse d’un beau développement, depuis son origine. En effet, chemin faisant le festival a construit son public (entre 10 000 et 12 000 entrées public ces dernières années, avec le festival et l’action culturelle) ; il a développé ses appuis financiers, son réseau professionnel et ses partenariats.

Dans ce parcours, Traces de Vies s’est ouvert rapidement à la totalité du champ documentaire de créations à la grande diversité des styles et des écritures, aux recherches contemporaines et internationales de ce cinéma.

Conventionné, depuis 2008, par le CNC, le festival a développé l’accueil des professionnels, leur rencontre avec le public et des moments spécifiques à leurs préoccupations. Cependant le festival est toujours adressé à un très large public : adultes découvreurs ou fidèles du documentaire, étudiants aux cursus très divers, publics associatifs, scolaires. Ce public large est une construction historique, une caractéristique, un choix de Traces de Vies.

En raison d’un désinvestissement en 2017 de la structure de formation de l’ITSRA, l’association des Amis de Traces de Vies se déclare seule porteuse du festival. En 2018, avec l’appui des collectivités et de nouveaux statuts, cette association s’organise pour poursuivre la défense du cinéma documentaire, fidèle à la qualité et au professionnalisme de cette activité culturelle, construite pendant des années.

Traces de Vies poursuit sa voie sous de nouveaux auspices mais avec le même engagement auprès des professionnels, des partenaires et du public.