LA RUBRIQUE DE MATHIEU

 

Ce mercredi 4 décembre au matin avait lieu une séance avec deux films très différents. L’un était le premier film du réalisateur Mathieu Germain, Traces d’hiver et l’autre le nouveau documentaire d’un habitué à l’exercice Olivier Magis, Un autre paradis.

Dans le premier, on sentait que le réalisateur voulait avant tout se concentrer sur un élément précis et ne voulait pas en démordre d’où ça durée de seulement 15 minutes. Pourtant on aurait pu tenir encore plus longtemps, grâce à la photographie qui donne aux paysages arctiques toute leur splendeur. On ressent le travail sur le cadre même dans l’urgence de ces pêcheurs qui attendent avec leurs appâts.

Dans le deuxième, plusieurs sentiments se mêlent : d’abord la stupéfaction d’apprendre comment des Chagossiens se sont retrouvés séparés de leurs terres, exilés en Angleterre sans leurs accords. Puis l’espérance en voyant comment Sabrina et son peuple tentent par tous les moyens, sans perdre espoir, de retrouver leurs îles. Mais c’est aussi l’incompréhension qui domine à la fin de ces 80 minutes où malgré un contexte très bien expliqué, nous nous interrogeons sur comment cela a pu arriver et surtout pourquoi la faute n’est pas réparée. On se sent impliqués avec eux et on se surprend à la fin à vouloir savoir où ils en sont en espérant qu’ils atteignent leurs buts au plus vite.

 

L’après-midi était diffusé en compétition l’âge d’or de Cuong Minh, Eric Castaing où on assiste à un ballet effectué par des élèves polyhandicapés aidés par deux danseurs. La danse les apaise et leurs permet de se sentir libre et de simplement profiter de l’instant présent. La caméra suit ce parcours accomplit progressivement par les enfants, doucement de l’explosion des sentiments jusqu’au silence total, nous laissant là où nous avions commencé : avec leurs appareils orthopédiques.

Reconnaissance de Yohanna Benattar était à sa suite et porté notamment sur le sentiment de paternité que ressentent les pères lorsqu’ils viennent reconnaitre leurs enfants à la Mairie. On assiste presque comme voyeur à ce beau ressentiment teinté de fierté.

Enfin, la séance se termina sur Demeure de Lucie Martin où l’on partage les derniers moments d’un homme dans son appartement alors que sa santé se dégrade. Les lieux paraissent teintés d’un passé que seule la réalisatrice et l’homme connaissent grâce à leur complicité palpable à l’écran. Nous ne savons pas mais nous pouvons néanmoins deviner aux moments de silence total dans l’habitat et face à Etienne qui porte sur son visage les stigmates de son passé.