LA RUBRIQUE DE MATHIEU

 

Sur la première journée du festival, un documentaire en compétition était diffusé à l’espace municipal Georges Conchon. Il concernait un artiste connu à Genève : Pierandré Boo et sa personnalité hors du commun Greta Gratos. D’abord crée temporairement comme personnage de sorcière, Greta va vite devenir une évidence pour Piérandré et développer un caractère propre. Il n’y a pas forcément besoin de connaitre cet artiste avant de voir le film. Difficile de rester insensible à cette histoire car la réalisatrice réussit à rendre son propos universel. C’est un film sur les multiples personnalités et ce que ça implique pour soi-même et son entourage. Sur l’importance de faire qu’un avec son corps et nos comportements quotidien face aux autres. Nous plongeons dans la vie de cet artiste où alternent voix off, interviews sans retenue, moment de vie et de travail sans voir le temps passer. Le récit n’est pas linéaire, débutant bien après la création de Greta mais revenant sans cesse sur les moments décisifs qui y ont mené. Cela nous permet d’assister à des œuvres aussi différentes que ces deux personnalités et à mieux comprendre tout en laissant une part de mystère. On reste fasciné par cette sorcière avec son visage maquillé rappelant Jean-Louis Barrault interprétant Baptiste Deburau. Cet être venu d’ailleurs et posant un regard atypique sur le monde n’est pas aussi sans rappeler un certains Ziggy Stardust.