La 28ème édition du Festival Traces de Vies s’est achevée dimanche 9 décembre 2018. Avec pas moins de 63 séances en une semaine et plus de 80 films projetés, ce festival dédié au cinéma documentaire a, une nouvelle fois, tenu toutes ses promesses.

Malgré des dates décalées en raison des travaux à la Maison de la Culture, le festival Traces de Vies version 2018 n’a rien perdu de l’enthousiasme de son public. Du 3 au 9 décembre dernier, les spectateurs se sont massés dans les quatre salles clermontoises ainsi qu’à Vic-le-Comte et à Thiers pour assister aux nombreuses projections de films documentaires pour la plupart inédits. Bernard Bloch, Pierre Carles, et une trentaine de réalisateurs se sont succédés pour échanger avec le public, dans des séances parfois émouvantes comme celle du film Chjami E Respondi de Axel Salvatori-Sinz.

Les quatre jurys professionnels ont récompensé des œuvres originales, militantes, d’une rare beauté. Ainsi, le Grand Prix Traces de Vies est revenu à L’ombre des ancêtres de Max Hureau. Les Jours Maudits de Artem Iurchenko ont reçu le Prix Hors frontières tandis que Mitra de Jorge Leon recevait le Prix de la Création. Le Prix du Premier Film Professionnel a quant à lui été attribué à Blaise Perrin pour La Ronde, avec une mention spéciale pour le court métrage de Chloé Belloc Los come sombrasProfession Créature de Marie Corberand s’est vu attribué le Prix des Formations Audiovisuelles tandis que le Prix de la Diversité est revenu à Te Merau de Fanny Corcelle et Juliette Guignard. Le Prix du Regard Social a été décerné à Dans la terrible jungle de Caroline Capelle et Ombline Ley. Enfin, le jury étudiant de l’Université de Clermont-Auvergne a récompensé Exil au Far West de Sophie Fortier.

 

Coté hors compétition, la Leçon de cinéma était animée cette année par Malek Bensmaïl, qui a mis en lumière les aspects méconnus de La Bataille d’Alger. Le public d’étudiants et de cinéphiles a également découvert ou redécouvert le travail de ce réalisateur algérien engagé. Réalisateur citoyen, Malek Bensmaïl investit en effet depuis plus de vingt ans un territoire quasiment inexistant en Algérie, celui de l’image documentaire. Muni de sa caméra, il questionne, bouscule, prend à bras le corps l’imprévu du réel. Chaque réalité dans laquelle il se plonge donne lieu à une écriture différente.

Les films de la thématique Utopies ont aussi fait écho aux préoccupations sociétales actuelles, car rêver des modes de vies différents, inventer d’autres rapports sociaux, penser et essayer d’autres possibles reste vital. Les arts plastiques ont aussi été à l’honneur avec notamment Penché dans le vent de Thomas Riedelsheimer sur Andy Goldsworthy, maître du Land Art.

 

Dans cette programmation denftrse, le jeune public et scolaire n’a pas été en reste avec pas moins de six séances et des ateliers pédagogiques. Le festival a enfin été ponctué de plusieurs séances spéciales, telles que les écoutes sonores, un hommage à Claude Lanzmann, des cartes blanches et des projections en médiathèque.

Porté par le soutien indéfectible de ses partenaires institutionnels et de ses bénévoles, le festival Traces de Vies continue donc, année après année, de proposer une programmation ouverte et de qualité. Il vous donne rendez-vous en 2019 !